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L’orbite du satellite de Makémaké révélée par Hubble

Un grand nombre d’objets du système solaire possèdent des satellites. Si l’on pense d’abord aux planètes, il existe également des objets en orbite autour d’astres bien plus petits. En effet, des planètes naines et même certains astéroïdes ont des compagnons. C’est notamment le cas de la planète naine Makémaké dont le satellite a été détecté pour la première fois en 2016. Plus récemment, une étude réalisée par le chercheur allemand Daniel Bamberger a permis de déterminer plus précisément le mouvement de cette lune autour de Makémaké.

Makémaké, la cinquième planète naine

Après la découverte de Pluton par Clyde Tombaugh en 1930, de nombreux astronomes se mettent en quête de nouveaux objets situés au-delà de Neptune, les objets trans-neptuniens (TNO). En 1951, Gérard Kuiper émit l’idée de la formation d’un disque de poussière, similaire à la ceinture d’astéroïdes, dans cette zone. Ce disque sera ensuite nommé ceinture de Kuiper. Cependant, si certaines comètes sont rapidement identifiées comme issues de cette ceinture, il faudra attendre 1993 pour détecter le premier objet de cette zone. Il s’agit d’Albion un TNO d’un diamètre compris entre 108 et 167 kilomètres.

Après cette détection, les astronomes se mettent à la recherche d’une nouvelle planète plus grande que Pluton. Cependant, la détection d’objets situés au-delà de Neptune est très complexe. En effet, les TNO sont relativement petits, très peu lumineux et se déplacent très lentement sur la voûte céleste. Néanmoins, de grandes campagnes d’observation permirent la détection de nouveaux objets dès le début des années 2000. Parmi eux, trois objets de plus de 1000 kilomètres de diamètre furent observés : Hauméa, Éris et Makémaké.

Présente dans des données acquises en octobre 2003 par le télescope Samuel Oschin, la découverte de Makémaké est officiellement annoncée le 30 août 2005 par Michael Brown et son équipe sous le nom de 2003 UB313. Il s’agit d’un TNO d’environ 1 430 km de diamètre se situant à près de 6,8 milliards de kilomètres, soit plus de 45 fois la distance Terre-Soleil. De par cette distance, nous avons pour le moment très peu d’informations sur sa structure. Makémaké fait aujourd’hui partie des cinq planètes naines du système solaire.

Vue d’artiste de la planète naine Makémaké ©IAU

D’où proviennent les planètes naines ?

À partir de 2005, avec la découverte de nouveaux objets dans la ceinture de Kuiper, la communauté scientifique remet en doute le statut de planète de Pluton. En effet, Pluton est, de loin, la plus petite planète du système solaire. Avec un diamètre d’environ 2370 km, elle est plus petite que la Lune, qui mesure 3474 km de diamètre. De plus, en juillet 2005, Michael Brown et son équipe annoncent la découverte d’un objet d’environ 2 350 km, Éris. Une nouvelle planète à ajouter au système solaire ?

Pour ne pas avoir à étendre le nombre de planètes, l’Union astronomique internationale (IAU) propose de modifier la définition de planète. Jusqu’alors, une planète était un objet en orbite autour du Soleil avec une masse suffisante pour être à l’équilibre hydrostatique, c’est-à-dire être globalement sphérique. Lors de l’assemblée générale du 24 août 2006, l’IAU vota l’ajout d’une nouvelle définition. En plus des paramètres précédents, une planète devra également avoir nettoyé le voisinage de son orbite. Si l’on prend l’exemple de la Terre, aucun objet ne se déplace librement le long de son orbite autour du Soleil.

Cependant, les objets comme Pluton ou Eris se situent dans la ceinture de Kuiper. De nombreux objets sont donc présents au voisinage de leur orbite. Cette nouvelle règle permet ainsi de conserver comme planètes : Mercure, Vénus, Mars, la Terre, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Les objets ne correspondant qu’aux deux premiers critères sont alors appelés des planètes naines. Si de nombreux candidats sont en attente de confirmation, seuls cinq objets font aujourd’hui partis de la liste officielle des planètes naines : Cères, Pluton, Eris, Hauméa et Makémaké.

La taille des planètes naines comparée à la Lune.

MK2, le satellite de Makémaké

A l’exception de Céres qui se situe dans la ceinture principale d’astéroïde, toutes les planètes naines possèdent un satellite. En ce qui concerne Makémaké, son satellite a été observé pour la première fois avec le télescope spatial Hubble en avril 2015 par le chercheur Alex Parker et son équipe. Officiellement nommée S/2015 (136472) 1 par l’équipe de recherche, cette lune est aujourd’hui connue sous le nom de MK2. Malheureusement, les données actuelles ne permettent pas de déterminer précisément sa taille. En fonction de son albédo, sa capacité à réfléchir la lumière, MK2 pourrait mesurer entre 50 et 175 km de diamètre. Dans tous les cas, les observations montrent qu’il est bien plus petit que Makémaké.

À la suite de cette découverte, Hubble observa 13 fois Makémaké entre 2015 et 2019. Ces quatre années d’observation de la planète naine et de son satellite peuvent permettre de déterminer plus précisément les caractéristiques de MK2 et de son orbite. Cependant, il faudra attendre près de six ans pour qu’une équipe publie ces observations.

En effet, en septembre 2025, le chercheur Daniel Bamberger analysa les données d’Hubble dans le but de caractériser l’orbite de MK2 autour de Makémaké. Il a ainsi pu déterminer que le satellite se situe à 22 250 ± 780 km de Makémaké. MK2 met ainsi 18 jours pour effectuer une orbite complète. De nouvelles observations sont cependant nécessaires pour affiner les résultats. De plus, en étudiant le passage de MK2 devant ou derrière Makémaké ou en observant le passage du système devant une étoile, il serait possible d’affiner la taille et la caractérisation des deux objets.

Images de Makémaké et MK2 prises par le télescope Hubble en 2018 et 2019. ©Bamberger, D (2026)
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2 réponses à « L’orbite du satellite de Makémaké révélée par Hubble »

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